Christine Deswarte - Cambremer




Jean-Luc Lebourdier s'expose et expose :

Ce que ses yeux ont vu
Que faire lorsque les mots sont impuissants pour parler de peinture ?
Regarder et se taire. Probablement. Chercher à comprendre ?
Pourquoi faire ?
Tout est là. Exposé, éclairé, mis à nu.

Des nus de femmes. Des nus de l'âme. Sont-elles érotiques ces femmes ?
Oui elles le sont. Tout est là. Exposé, éclairé, mis à nu. Elles rappellent à l'homme l'inutilité de la brutalité dans le désir. Un érotisme profondément humain et respectable, qui se fond dans des décors rendant les tableaux désirables.
Perséphone, Osmose, Espoir, Jeu de dames, Le Rendez-vous, La Nymphe des marais.


Sont-elles torturées ces âmes ? Non.
Elles oscillent entre la bonté et la beauté qui se dessinent sur chacun des tableaux, rappelant au public connaisseur ou amateur, que dans la tête de la femme, l'âme est intellectuelle. Dans la poitrine, vitale et dans le ventre, sensitive. Sensibles sensations. Les émotions deviennent ainsi des expressions.
L'imaginaire du peintre rejoint notre imaginaire. Son fantasme rejoint nos propres fantasmes. Des représentations mentales, des rêves éveillés, des illusions. On arrive ainsi en communion. Communion non pas avec celui qui a mis des couleurs et des formes mais communion avec soi-même. Son intime. Son être.

pas de tromperie possible.

Faut-il alors parler de la technique du trompe-l'oeil ?
A quoi bon prendre un ton académique pour parler d'un travail achevé et maîtrisé dont les effets procurent un choc. Un choc merveilleux, libérateur, jouissif. C'est bien, c'est beau, c'est original. Faible portée de mots lancés. Des mots peut-être prononcés lorsque l'on souhaite protéger ses rêves, ses peurs, ses désirs, ses envies.

Mais dans les peintures de Jean-Luc Lebourdier tout est dit.  Plutôt non. Tout est vu.
Alors ce que nos yeux ne peuvent voir, notre coeur et notre âme peuvent-ils l'entendre ?
Oui. Il suffit de s'arrêter. De se laisser porter. De se laisser aller. Rien n'est déchirement. Tout est en mouvement. En vie. En extase. En rêve. Aucune trace de lutte. De violence. De souffrance. La femme est là bienveillante, songeuse, réfléchie.
Impuissance des mots pour décrire les tableaux. Car s'ils se lient les uns aux autres, la phrase rappelle, qu'à un moment ou à un autre, il faut mettre un point pour reprendre sa respiration. Pour un souci de construction. La raison prend de nouveau le pas sur les sensations. Seuls les traits du pinceau sur un tableau peuvent s'infiltrer sans fin dans l'imaginaire.

la trace de l'escargot
Dans le coin des tableaux avance un unique escargot.
Lentement. Sereinement. Toujours vers l'avant.
Observateur. Voyeur. Protecteur.

"L'art exige que sur le chemin de la vérité on soit solitaire"
justifie Jean-Luc Lebourdier.
Beauté de la femme. Désir de l'homme.
L'érotisme est ainsi dévoilé. Sans vulgarité. Sans excès.

Dans une version pure et vraie : celle qu'on éprouve lorsque le corps est en harmonie avec les pensées.
"Lorsque l'on se sent libre... même d'être mauvais"
confie le peintre qui révèle ainsi la beauté.